Saturday, 10 June 2017

Toute une leçon d'humilité!

Si on m’avait dit que, dans le cadre de mon emploi, j’aurai un jour à participer à un Pow Wow, je ne suis pas sûre que je l’aurais cru. Pourtant c’est de là que j’arrive et c’est pourquoi je post cet update très tard. Je voulais partager à tout prix l’expérience que je viens de vivre qui, en quelque part, a été une grande leçon d’humilité pour bien des gens présents, surtout moi-même.

Dans le cadre des célébrations de 250e de la communauté rurale de Cocagne, le Groupe de Développement Durable a tenu à organiser un événement sans précédent. Aujourd’hui a eu lieu le tout premier Pow Wow d’amitié Acadiens-Mi’kmaw, événement qui deviendra un rendez-vous annuel fort du succès de sa première édition. J’y suis allée avec mon kiosque, de reculons je dois l’admettre, pour que la CSR Kent fasse acte de présence à l’événement. Je n’avais entendu que des bonnes choses par les gens qui avaient un jour pris part à un Pow Wow des Premières Nations alors j’étais quand même intriguée par la découverte que j’allais y faire. Oh boy je n’ai pas été déçue!
La première chose que j’ai remarqué en arrivant, ce sont les costumes traditionnels aux couleurs vives et aux motifs extravagants. Quelle fierté dont font preuve ces gens. J’en connais plusieurs qui n’auraient pas oser se promener en public vêtus de la sorte car ils auraient obtenu bien trop d’attention. La majorité de ces costumes ont été fait à la main sur de longues périodes de temps. Le fruit d’un dur labeur qui démontre la détermination des peuples natifs face à leur culture. On se dit fiers Acadiens parce qu’on fait voler un drapeau bleu-blanc-rouge et qu’on cogne des chaudrons une fois l’an… On a beaucoup à apprendre! Les petits détails que chaque individu y a mis, allant jusqu’au son qui se produit lorsqu’ils marchent ou dansent, c’est pratiquement inimaginable jusqu’à ce que tu le voies de tes propres yeux. Ça valait la peine d’être présent avant même que les cérémonies commencent ne serait-ce que pour voir ces œuvres d’art.

Durant les cérémonies d’ouverture, le maître de cérémonie nous expliquait chacune des étapes dont nous étions témoins question de rendre l’expérience enrichissante pour tous. Les grass dancers ont préparer le terrain pour la grande entrée des dignitaires, processus qui servait autrefois à écraser l’herbe haute – On n’a pas toujours eu des tondeuses – mais qui sert aussi à bénir le sol. Par la suite, les vétérans ont entamé la procession, suivis des porteurs de drapeaux, des membres de la GRC, les invités distingués et tous les danseurs. Il y avait quelque chose de merveilleux à voir tous ces drapeaux flotter ensemble. Par la suite, deux danses suivirent durant lesquels on demandait de ne prendre aucune photo ou vidéo. Celles-ci avaient pour but de rendre hommage aux aînés, aux membres des forces policières ainsi qu’aux vétérans. La deuxième danse était pour honorer la mémoire de nos proches défunts. Quelle beauté de voir tous les gens dans le public respecter la consigne. Étrangement, tout au long de ces danses, des aigles volaient au-dessus du site. C’était comme un signe quasi-divin. Je n’ai pas trop tendance à croire en ces « signes » mais c’est quand même venu me chercher d’une drôle de façon. Évidemment, suivant la consigne, je n’ai pas de photos pour démontrer tout ceci. Enfin, les dernières danses avant que je sois retournée à mon kiosque invitaient les différentes nations à danser ensemble. Ce que ça veut dire concrètement? Eh oui! J’ai bel et bien pris part à trois danses autochtones sans même avoir hésité pour une seconde. Ça m’a permis de lâcher mon fou un peu et de me dégourdir et réveiller avant de me réinstaller à l’ombre sous ma tente. Malheureusement, la batterie de mon cellulaire m'a lâché avant que je puisse prendre une photo de mes exploits dans le bain de foule! 
Les Grass Dancers
L'entrée des drapeaux
Les Premières Nations ont un respect immense pour leurs aînés et la jeunesse est leur raison d’être. Si seulement la société dans laquelle nous vivons était ouverte à apprendre de leurs visions des choses. On traite trop souvent nos aînés comme des indésirables et tout ce qu’on a à dire sur la jeunesse c’est qu’ils l’ont facile et ne savent pas vivre. Les discours et rites dont j’ai été témoin cet après-midi portaient sur apprendre de notre passé et du vécu de nos parents et grand-parents tout en misant sur les futures générations qui ont tant à nous offrir et à gagner en nous côtoyant. Ils ont offert des prières au Créateur le remerciant pour tout ce que nous avons le privilège d’avoir devant nous et que nous prenons pour acquis : de la terre fertile, de l’eau potable, des ressources, 4 saisons distinctes, de la nourriture, des amis, de la famille, l’amour et la santé. Je n’oserais jamais croire que toutes les personnes qui étaient présentes furent toucher aussi profondément que moi par ces danses, chants, témoignages et hommages, mais j’espère qu’ils en soient ressortis au moins un peu plus ouvert à en apprendre davantage sur les cultures que nous côtoyons. Je ne mentirai pas, j’ai eu le motton à plusieurs reprises!

Si cet événement revient l’an prochaine, je vais définitivement faire un exprès pour y prendre part à nouveau!

Shotgun Godin

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